Le Centre Européen du Conseil International des Femmes (CECIF) prend acte de la communication de la Commission européenne relative à l’Initiative Citoyenne EuropéenneMy Voice, My Choice, initiée notamment par la Slovénie, et soutenue par plus d’un million de citoyennes et citoyens à travers l’Union.
Nous félicitons la détermination de la Slovénie et des organisatrices de l’ICE, qui ont mené à bien cette procédure démocratique particulièrement lourde, mais ambitieuse.  Avec elles, nous nous saluons cette réponse comme une avancée ouvrant un chemin concret vers un meilleur accès à un avortement sûr en Europe. En effet, la reconnaissance explicite, par la Commission, que des fonds européens existants peuvent être mobilisés pour améliorer l’accès aux services d’avortement légaux constitue un signal politique important. Elle confirme aussi que l’accès à l’IVG relève pleinement des enjeux de santé publique, d’égalité et de droits fondamentaux.
Cependant, le CECIF souligne que cette décision ne répond que partiellement aux attentes exprimées par la mobilisation citoyenne. L’absence de proposition législative spécifique et le renvoi à l’utilisation volontaire de fonds existants laissent subsister de profondes inégalités entre les femmes européennes. Le respect des compétences nationales ne peut devenir un alibi pour maintenir des disparités qui fragilisent le principe même d’égalité au sein de l’Union.
Cette étape ouvre une possibilité ; elle ne garantit pas un droit effectif et équitable pour toutes. Il appartient désormais aux États membres de se saisir de cette faculté et à la société civile de veiller à ce qu’elle ne reste pas lettre morte.
Le CECIF restera mobilisé pour que l’accès à l’avortement sûr et légal soit pleinement reconnu comme une composante incontournable des droits humains des femmes en Europe, et pour que la solidarité européenne ne soit pas seulement déclarée, mais mise en œuvre concrètement.
L’Europe des femmes ne peut être à géométrie variable